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Sūtra Shurangama Chapitre 2 Sūtra Shurangama 楞严经
Sūtra Shurangama
Chapitre 3
25 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les six entrées sont
fondamentalement la merveilleuse nature de la Véritable Ainsité, le Trésor de
l'Ainsi-Venu ? Ananda, bien que de garder les yeux ouverts cause de la fatigue,
autant les yeux que la fatigue tirent leur origine de la Bodhi. Les attributs de
la fatigue proviennent du fait de fixer avec les yeux ouverts.
26 «A cause des deux faux attributs impurs de la lumière et de l'obscurité, un
sens de la vue est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs.
C'est ce qu'on appelle la capacité de voir. A part de ces deux attributs impurs
de la lumière et de l'obscurité, cette vue est, en fin de compte, sans
substance.
27 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que la vue ne provient ni de la
lumière ni de l'obscurité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité. Pourquoi
pas? Si elle tirait son origine de la lumière, alors elle s'éteindrait lorsqu'il
y a l'obscurité, et tu ne verrais pas l'obscurité. Si elle tirait son origine de
l'obscurité, alors elle s'éteindrait lorsqu'il y a la lumière, et tu ne verrais
pas la lumière. Si l'essence de la vue venait de l'organe de la vue, qui est
évidemment dépourvu de lumière et d'obscurité, alors en ce cas, fondamentalement
aucune vue ne prendrait place.
28 «Si elle provenait de la vacuité, alors en regardant à l'avance, elle verrait
les formes des phénomènes mondains ; en regardant en arrière, elle verrait
l'oeil lui-même. Qui plus est, si c'était la vacuité elle-même qui voyait, que
ça aurait à voir avec ton oeil?
29 «De là, il te faut comprendre que l'entrée de l'oeil est vide et fausse?
Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux
conditions ni à la spontanéité. Ananda, suppose qu'une personne bouche
brusquement ses oreilles avec ses doigts. Parce que l'organe de l'ouïe se
fatiguerait, il entendrait un son dans sa tête. Cependant, et l'oreille et la
fatigue prennent origine dans la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent
de la monotonie.
30 «A cause des deux faux attributs impurs du mouvement et de l'immobilité, un
sens de l'ouïe est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs.
C'est ce qu'on appelle la capacité d'entendre. A part de ces deux attributs
impurs du mouvement et de l'immobilité, cette ouïe est, en fin de compte, sans
substance.
31 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que l'ouïe ne provient ni du
mouvement, ni de l'immobilité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.
32 «Pourquoi cela? Si elle provenait de l'immobilité, elle serait éteinte
lorsqu'il y a mouvement, et tu n'entendrais pas le mouvement. Si elle provenait
du mouvement, elle serait éteinte lorsqu'il y a immobilité, et tu ne te rendrais
pas compte de l'immobilité.
33 «Si la capacité d'entendre provenait de l'organe sensoriel, qui est
évidemment dépourvu de mouvement et d'immobilité, alors en ce cas, l'ouïe
n'aurait fondamentalement pas de nature propre. Suppose qu'elle provenait de la
vacuité ; dans ce cas, la vacuité deviendrait l'ouïe et ne serait plus vide. Qui
plus est, si c'était la vacuité elle-même qui entendait, qu'est-ce que ça aurait
à voir avec tes oreille?
34 «De là, il te faut comprendre que l'entrée de l'oreille est vide et fausse.
Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux causes ni aux
conditions ni à la spontanéité. Ananda, suppose qu'une personne inspire
profondément par le nez. Après avoir gardé son souffle longtemps, elle se
fatiguerait et aurait alors une sensation de froid dans le nez.
35 A cause de cette sensation on fait toutes sortes de distinctions de
pénétration et d'obstruction, de vacuité et de d'actualité, etc. y-compris
toutes sortes de vapeurs odorantes ou puantes. Cependant, et le nez et sa
fatigue prennent origine dans la Bodhi. Les attributs de la fatigue proviennent
du surmenage.
36 «A cause des deux faux attributs impurs de la pénétration et de l'obstruction,
un sens de l'odorat est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs
impurs. C'est ce qu'on appelle la capacité de sentir. A part de ces deux
attributs impurs de la pénétration et de l'obstruction, cet odorat est, en fin
de compte, sans substance.
37 .«En fait, Ananda, il faut que tu saches que l'odorat ne provient ni de la
pénétration ni de l'obstruction, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.
38 «Pourquoi cela? S'il provenait de la pénétration, l'odorat s'éteindrait
lorsqu'il y a obstruction, et comment pourrais-tu ressentir l'obstruction?. S'il
existait à cause de l'obstruction, lorsqu'il y a pénétration, il ne pourrait y
avoir d'odorat ; en ce cas comment pourrait venir à être la conscience des
parfums, des puanteurs et autres sensations du même genre ? Si le mécanisme de
l'odorat provenait d'un organe sensoriel qui est évidemment privé de pénétration
et d'obstruction, alors en ce cas, fondamentalement, l'odorat n'aurait pas de
nature propre.
39 «S'il provenait de la vacuité, alors l'odorat lui-même devrait pouvoir se
retourner et sentir son propre nez. Qui plus est, si la vacuité elle-même était
responsable de l'odorat, qu'est-ce que ça aurait à voir avec ta capacité à
sentir? De là tu dois comprendre que l'entrée du nez est vide et fausse.
Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux
conditions ni à la spontanéité.
40 «Ananda, suppose qu'une personne lèche ses lèvres du bout de sa langue.
Lécher à l'excès lui cause de la fatigue. Si la personne est malade, elle
décèlera un goût doux. La douceur et l'amertume démontrent le sens du goût de la
langue. Lorsque l'organe est inactif, il y a un sens d'insipidité. Cependant,
autant la langue que la fatigue ont leur origine dans la Bodhi. Les attributs de
la fatigue proviennent du pourléchage prolongé.
42 «A cause des deux faux attributs impurs de la douceur et de l'amertume, un
sens du goût est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs.
C'est ce qu'on appelle la capacité de goûter. A part de ces deux attributs
impurs de la douceur et de l'amertume, le goût est originellement sans
substance.
43 .«En fait, Ananda, il faut que tu saches que la perception de la douceur, de
l'amertume ou de l'insipidité ne provient ni de la douceur ni de l'amertume, ni
de l'insipidité, ni de l'organe sensoriel, ni de la vacuité.
44 «Pourquoi cela? S'il provenait de la douceur, le goût cesserait d'exister
lorsqu'il y a insipidité, et comment pourrais-tu reconnaître l'insipidité?. S'il
provenait de l'insipidité, il disparaîtrait lorsque la saveur douce serait
goûtée ; en ce cas comment pourrait percevoir les deux saveurs du doux et de
l'amer ? S'il provenait de la langue qui est évidemment privée de douceur,
d'amertume et d'insipidité, alors en ce cas le goût n'aurait pas de nature
propre.
45 «S'il provenait de la vacuité, alors le sens du goût devrait être ressenti
par la vacuité au lieu de la bouche. Qui plus est, si c'était la vacuité
elle-même qui goûte, qu'est-ce que ça aurait à voir avec ta langue ? De là tu
dois comprendre que l'entrée de la langue est vide et fausse. Fondamentalement,
sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la
spontanéité.
46 «Ananda, suppose une personne qui toucherait sa main chaude de sa main froide.
Si le froid était plus grand que la chaleur, la main chaude refroidirait; si la
chaleur était plus grande que le froid, la main chaude se réchaufferait. Cette
sensation de chaleur et de froid est ressentie grâce au contact et à la
séparation des deux mains. Le contact fatigant résulte du mélange du chaud et du
froid. Cependant, autant le corps que la fatigue tirent leur origine de la Bodhi.
Les attributs de la fatigue proviennent du contact prolongé.
46-47 «A cause des deux faux attributs impurs de la séparation et de l'union, un
sens du toucher est stimulé qui a son tour profite de ces deux attributs impurs.
C'est ce qu'on appelle la conscience de la sensation physique. A part de ces
deux attributs impurs de la séparation et de l'union, la conscience de la
sensation est originellement sans substance.
47 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que cette sensation ne provient pas
de la séparation et de l'union, ni n'existe-t-elle à cause du plaisir et de la
douleur, pas plus qu'elle ne provient de l'organe sensoriel, ni n'est elle
produite par la vacuité.
48 «Pourquoi cela? Si elle survenait lorsqu'il y a union, elle disparaîtrait
lorsqu'il y a séparation, comment pourrait-elle alors ressentir la séparation?
Il en irait de même pour ces deux caractéristiques de plaisir et de douleur. Si
cela provenait de l'organe sensoriel, qui est évidemment dépourvu des quatre
caractéristiques de l'union, de la séparation, du plaisir et de la douleur,
alors en ce cas, alors en ce cas, fondamentalement aucune vue ne prendrait
place.
49 «S'il provenait de la vacuité, alors la conscience de la sensation devrait
être ressentie par la vacuité elle-même. Qu'est-ce que ça aurait à voir avec ton
corps ? De là tu dois comprendre que l'entrée du corps est vide et fausse.
Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux
conditions ni à la spontanéité.
49-50 «Ananda, suppose une personne qui serait si fatiguée qu'elle irait dormir.
Ayant dormi profondément, elle se réveille et tente de se rappeler ce qu'elle a
ressenti alors qu'elle dormait. Elle se rappelle des choses et en oublie
d'autres. De la sorte, cette inversion passe par la production, la permanence,
le changement et l'extinction, qui sont habituellement pris et traités par le
système central du mental, chacun à la suite de l'autre sans jamais de
chevauchement. C'est ce qui est appelé la capacité de savoir. Le mental et sa
fatigue sont tous deux la Bodhi. Les attributs de la fatigue viennent de la
pensée persistante.
51 «Les deux attitudes impures du surgissement et de la cessation stimulent un
sentiment du savoir qui à sont tour saisit ces données sensorielles internes,
renversant ainsi le flot de la vue et de l'ouïe. L'endroit au-delà de la saisie
de ce flot est connue comme faculté de l'intellect.
52 «A part de ces deux ensembles d'attitudes impures de l'éveil et du sommeil et
du surgissement et de la cessation, la faculté de l'intellect est originellement
sans substance.
53 «En fait, Ananda, il faut que tu saches que la faculté de l'intellect ne
provient pas de l'éveil, du sommeil, du surgissement ni de la cessation, ni de
l'organe du mental, ni de la vacuité. Pourquoi cela? Si elle provenait de lu
réveil; elle disparaîtrait durant le sommeil, et comment pourrait-elle alors
éprouver le sommeil? Si elle provenait du surgissement, elle cesserait d'exister
au moment de la cessation, et comment pourrait-elle ressentir la cessation? Si
elle provenait de la cessation, elle disparaîtrait au moment du surgissement, et
comment pourrait-elle ressentir le surgissement ?»
54 «Si la conscience mentale provenait de la faculté de l'intellect, elle ne
serait rien de plus que l'ouverture et la fermeture physique causées par les
états respectifs de l'éveil et du sommeil. A part de ces deux mouvements, la
faculté de l'intellect serait aussi insubstancielle que des fleurs dans l'espace
et en ce cas, il ne pourrait fondamentalement exister aucune cognition. Si la
conscience mentale provenait de la vacuité, alors la vacuité elle-même devrait
devenir cognition. Qu'aurait-elle alors à voir avec l'entrée du mental ?. De là
tu dois comprendre que l'entrée du mental est vide et fausse. Fondamentalement,
sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux conditions ni à la
spontanéité.
55 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les doux places sont
fondamentalement la merveilleuse nature de la Véritable Ainsité, le Trésor de
l'Ainsi-Venu ?
56 «Ananda, considère encore les arbres du Bosquet de Jeta et la rivière et les
bassins. Qu'en penses-tu : est-ce que ces choses viennent à être parce que les
formes surgissent et qu'alors les yeux les voient, ou parce que les yeux
produisent les attributs de la forme ?
56-57 «Ananda, si les yeux devaient produire les attributs des formes, alors,
lorsque les yeux regardent l'espace vide, les formes devraient être oblitérées.
Une fois oblitérées, tout ce qui s'est manifesté devrait disparaître. Puisque
les attributs des formes seraient alors absents, qui pourrait reconnaître la
vacuité? Le même principe s'applique à la vacuité.
57 «Si, de plus, des formes surgissaient et que les yeux les voyaient, alors la
vue devrait périr en regardant l'espace, qui n'a pas de forme. Une fois que la
vue aurait péri, tout disparaîtrait et alors qui pourrait reconnaître autant la
vacuité que la forme ?
58 De là tu dois comprendre que ni la vue ni la forme, ni la vacuité ne peuvent
être situées, et qu'ainsi les deux places de la forme et de la vue sont vides et
fausses. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et aux
conditions ni à la spontanéité. Ananda, écoute encore le tambour quand on le bat
dans le Jardin de Jeta parce que la nourriture est prête. Le sangha se rassemble
au son du tambour. Les sons de la cloche et du tambour se suivent l'un l'autre
en succession.
59 «Qu'en penses-tu: ces choses viennent-elles à exister parce que le son arrive
à proximité de l'oreille, ou parce que l'ouïe de l'oreille s'étend jusqu'à la
source du son.
61 «Ananda, une fois encore, si le son arrivait à proximité de l'oreille, alors
ce serait pareil que quand je vais mendier autour de la ville de Çravasti : je
ne suis plus dans le Bosquet de Jeta. Et donc, si le son était venu précisément
à proximité de l'oreille d'Ananda, alors ni Maudgalyayana ni Kaçyapa ne
l'entendraient, et encore moins les douze cents cinquante Çramanas qui, ayant
entendu le son de la cloche, viennent en même temps à la salle à manger.
62 «Encore une fois, si l'oreille arrivait à proximité du son, ce serait pareil
que quand je reviens au Bosquet de Jeta : je ne suis plus à Çravasti. Lorsque tu
entends le son du tambour, ton ouïe serait déjà à l'endroit où on bat le
tambour. De sorte que si la cloche tintait, tu ne l'entendrais pas &emdash; et
encore moins les sons des éléphants, des chevaux, du bétail, des moutons et tous
les autres sons divers qui t'entourent.
63 «Cependant, sans le va et vient, il n'y aurait pas d'ouïe.
64 «De là tu dois comprendre que ni l'ouïe ni le son ne peuvent être situés, et
qu'ainsi les deux places de l'ouïe et du son sont vides et fausses.
Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux
conditions ni à la spontanéité.
64-65 «Qui plus est, Ananda, tu sens le chandana dans cet encensoir. lorsqu'une
particule de cet encens est allumée, on peut la sentir simultanément jusqu'à
quarante milles autour de la cité de Çravasti.
65 «Qu'en penses-tu ? Est le bois de chandana qui produit ce parfum ? Est-elle
produite dans ton nez ou surgit-elle dans la vacuité?
66 «Ananda, encore une fois, si le parfum était produite dans ton nez, ce qu'on
dit qui est produit par le nez devrait sortir du nez. Ton nez n'est pas le
chandana, aussi comment pourrait ton nez avoir le parfum du chandana ? Lorsque
tu dis que tu sens un parfum, elle doit entrer dans ton nez. L'odorat n'est pas
défini comme le nez qui émet un parfum.
67 «Si elle était produite de l'intérieur de la vacuité, comme la nature de la
vacuité est éternelle et inchangeante, le parfum devrait-être constamment
présentes. Pourquoi est-ce que la présence de ce parfum devrait alors être
contingente au fait de brûler du bois sec dans cet encensoir ? Si elle provenait
du bois, comme la nature de cet encens est qu'il donne de la fumée lorsqu'il
brûle, alors, lorsque le nez la sent, le nez devrait être rempli de fumée, ce
qui ne se produit pas. La fumée monte dans l'ai et avant d'avoir atteint cette
distance, comment est-ce que le parfum serait déjà sentie à une distance de plus
de dix milles?
68 «De là tu dois comprendre que ni le parfum n i le l'odorat du nez ne peuvent
être situés, et qu'ainsi les deux places de l'odorat et de le parfum sont vides
et fausses. Fondamentalement, sa nature ne peut être attribuée ni aux cause et
aux conditions ni à la spontanéité.
69 «Ananda, deux fois par jour, tu prends ton bol en même temps que le reste de
l'assemblée, et parmi ce que tu reçois, il peut y avoir des choses succulentes,
comme du caillé, du babeurre, et du beurre clarifié.
70 «Qu'en penses-tu ? Ces saveurs sont elles produites par la vacuité,
sortent-elles de la langue, ou sont-elles produites par la nourriture?
71 «Ananda, une fois encore, si les saveurs sortaient de ta langue, comme tu
n'en as qu'une dans ta bouche alors lorsque cette langue a déjà goûté la saveur
du caillé, elle ne changerait pas si elle tombait sur du sucre d'orge bien noir.
72 «Si elle ne changeait pas, alors on ne pourrait pas dire qu'elle décèle les
goûts. Et pourtant, si elle changeait effectivement , comme la langue n'est pas
faite de plusieurs substances, comment pourrait une seule langue connaître de si
nombreux goûts ?
73 «Si les goûts étaient produits par la nourriture, comme la nourriture n'a
aucune conscience, comment pourrait-elle connaître les goûts ? De plus si la
nourriture elle-même devait les reconnaître, ce serait pareil que quelqu'un
d'autre qui mange. Alors, quel rapport y aurait-il avec ce qu'on appelle ta
reconnaissance des goûts ? Si les goûts étaient produits dans la vacuité, alors
lorsque tu manges de la vacuité, quelle saveur aurait-elle ? Suppose que la
vacuité avait la saveur du sel. Alors vue que ta langue est salée, ton visage
devrait l'être lui aussi, et de même tout le monde serait comme des poissons
dans l'eau. Comme tu serais constamment influencé par le sel, tu ne connaîtrais
jamais l'insipidité. Et pourtant, si tu ne reconnaissais pas l'insipidité, tu ne
serais pas conscient de la salinité non plus. Tu ne distinguerais rien du tout.
Comment pourrait-on appeler ça le goût ?
74 «De là, tu dois comprendre que ni les saveurs, ni le goût de la langue ne
peuvent être situés, et ainsi les deux places du goût et des saveurs sont vides
et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux
cause et aux conditions ni à la spontanéité.
75 «Ananda, tôt chaque matin, tu te frottes la tête de la main. Qu'en penses-tu
? Lorsque la sensation de frottement a lieu, que fait le toucher? Est-ce la tête
ou la main qui touche ?
76 «Si la capacité de toucher était dans la main, alors la tête n'en aurait pas
connaissance. Comment pourrait-on dire que la tête a été touchée ? Si c'était
dans la tête, alors la main serait inutile, et comment pourrait-on dire qu'elle
a été touchée ?
80 «Si chacune avait la capacité de toucher, alors toi, Ananda, tu devrais avoir
deux corps. Si entre la tête et la main, il n'y avait qu'un seul toucher, alors
la main et la tête n'auraient qu'une seule substance. Si elle n'avaient qu'une
substance, alors aucun toucher ne serait possible.
81 «Si elles étaient deux substances, à laquelle appartiendrait le toucher?
Celle qui serait capable de toucher ne serait pas celle qui est touchée. Celle
qui est touchée ne serait pas celle qui est capable de toucher. Ce ne serait pas
non plus que le toucher viendrait à être entre toi et la vacuité. De là tu dois
comprendre que ni la sensation du toucher ni le corps ne peuvent être situés, et
qu'ainsi les deux places du corps et du toucher sont vides et fausses.
Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni aux cause et aux
conditions ni à la spontanéité.
82 «Ananda, ton mental est toujours conditionné par les trois qualités de bien,
mauvais, et indéterminé, qui produisent des ordonnances de dharmas.
83 «Ces dharmas sont-ils produits par le mental, ou ont-ils une place spéciale
séparée du mental ?
84 «Ananda, s'ils étaient le mental, les dharmas ne seraient pas ses objets
impurs. Comme ils ne seraient pas des conditions du mental, comment pourrais-tu
dire qu'ils ont un emplacement ? S'ils devaient avoir un emplacement spécial,
séparé de celui du mental, alors les dharmas eux-mêmes seraient-ils capables de
connaître ?
84-85 «S'ils avaient un sens du connaître, ils seraient appelés un esprit. Etant
quelque chose d'autre que toi et n'étant pas pour autant des objets impurs, ils
seraient l'esprit de quelqu'un d'autre. Etant la même chose que toi, ils
seraient ton propre esprit. Mais comment ton esprit pourrait-il exister à part
de toi ?
85 «S'ils n'avaient aucun sens de la connaissance, et que pourtant ces objets
impurs n'étaient ni des formes, ni des sons, des odeurs ou des goûts, et pas non
plus du froid et de la chaleur, ni la vacuité. Où seraient-ils situés ?
86 «Ils ne sont représentés ni en forme ni en vacuité, et il n'est pas non plus
probable qu'ils existent quelque part dans le monde humain au-delà de la vacuité,
car si c'était le cas, l'esprit ne serait pas conscient d'eux. D'où, alors,
viendraient-ils ? De là tu dois comprendre que ni les dharmas ni l'esprit ne
peuvent être situés, et qu'ainsi les deux places de l'esprit et des dharmas sont
vides et fausses. Fondamentalement, leurs natures ne peuvent être attribuées ni
aux cause et aux conditions ni à la spontanéité.
Shurangama Sûtra,
Volume 3, Seconde partie, texte du Sûtra:
87 «Qui plus est, Ananda, pourquoi dis-je que les dix-huit domaines sont
fondamentalement la nature merveilleuse de la Véritable Ainsité, le Trésor de
l'Ainsi-Venu ?
88 «Ananda, comme tu le comprends, les yeux et les formes créent les conditions
qui produisent la conscience de l'oeil.
89 «Est-ce que cette conscience est produite à cause des yeux, en sorte que les
yeux soient son domaine ? Ou est-elle produite à cause des formes, en sorte que
les formes soient son domaine ?
89 «Ananda, si elle était produite à cause des yeux, alors en l'absence de
vacuité et de forme, elle ne serait pas capable de faire des distinctions ; et
alors, même si tu avais une conscience, que te servirait-elle ?
89 «Qui plus est, ta vue n'est ni verte, ni jaune, ni rouge, ni blanche. Il n'y
a virtuellement rien dans quoi elle soit représentée. En conséquence, ta vue
n'est ni verte, ni jaune, rouge ou blanche. Il n'y a virtuellement rien dans
quoi elle soit représentée. En conséquence, de quoi le domaine serait-il établi
?
90 «S'il était le produit de la forme, alors, lorsqu'il n'y a pas de forme
présentes dans la vacuité, ta conscience cesserait d'être. En ce cas, pourquoi
c'est que la conscience reconnaît la vacuité?
91 «Si une forme change, tu es aussi conscient de la forme changeant d'apparence,
mais ta conscience visuelle ne change pas. Où se situe la limite ?
91 «Si la conscience visuelle changeait lorsque change la forme, alors un tel
domaine n'aurait pas d'attributs. Si elle ne changeait pas, elle serait
constante, et, étant donné qu'elle a été produite à partir de la forme, elle ne
devrait pas avoir une connaissance consciente de l'endroit où était la vacuité.
92 «Si elles étaient combinées, alors il y aurait un manque entre les deux. Si
elles étaient séparées, alors la moitié de ta conscience visuelle posséderait la
conscience et l'autre moitié en manquerait. avec des substances et des natures
aussi chaotiques et désordonnées, comment pourraient-elles constituer un domaine
?
93 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui concerne les yeux et la formes qui
seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience visuelle,
aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature des yeux, des
formes et le domaine de la conscience visuelle, tous trois, ne peuvent être
attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.
94 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, l'oreille et le son créent les
conditions qui produisent la conscience auditive.
«Cette conscience est-elle produite à cause de l'oreille en telle sorte que
l'oreille soit son domaine, ou est-elle produite à cause du son, en telle sorte
que le son soit son domaine?
95 «Ananda, si elle était produite à cause de l'oreille, alors puisque le
mouvement et l'immobilité manqueraient, l'oreille ne se rendrait compte de rien.
Il est certain qu'en l'absence de la conscience, rien ne serait connu et ainsi,
qu'est-ce qui caractériserait la conscience?
«Tu pourrais soutenir que les oreilles entendent, mais sans mouvement ni
immobilité, rien ne peut se passer. d'autre part, comment la combinaison des
oreilles, qui ne sont que des formes physiques, et des objets externes, pourrait-elle
être appelée le domaine de la conscience ? Une fois encore, donc, comment le
domaine de la conscience auditive pourrait-il être établi ?
96 «Si elle était le produit du son, alors la conscience existerait à cause du
son, et n'aurait aucun lien avec l'ouïe. Sans ouïe, les attributs du son
n'auraient pas d'emplacement.
«Si la conscience auditive provenait du son, étant donné que le son existe à
cause de l'ouïe, alors ce que tu entends serait la conscience auditive
elle-même.
97 «Si la conscience auditive n'était pas entendue, alors il n'y aurait pas de
domaine. Si elle était entendue, elle serait alors la même chose que le son. Si
la conscience était entendue, qui serait celui qui perçoit et entend la
conscience ? Si personne ne percevait, alors à la fin, tu serais comme de
l'herbe ou du bois.
98 «Et le son et l'ouïe ne pourraient se mélanger pour former un domaine entre
les deux. Faute d'un domaine entre eux, comment ces phénomènes interne et
externe pourraient-ils être identifié ?
98-99 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait aux oreilles et aux sons
qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience auditive,
aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature des oreilles,
des sons et le domaine de la conscience auditive, tous trois, ne peuvent être
attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.
99 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le nez et les odeurs créent les
conditions qui produisent la conscience olfactive.
100 «Cette conscience est-elle produite à cause du nez en telle sorte que le nez
soit son domaine, ou est-elle produite à cause des odeurs, en telle sorte que
les odeurs soient son domaine ?
100 «Ananda, si elle était produite à cause du nez, alors dans ton mental,
qu'est-ce que tu prends pour le nez? Crois-tu qu'il prenne la forme de deux
pinces de chair, ou tiens-tu qu'il ait la capacité inhérente de la nature qui
perçoit les odeurs comme résultat d'un mouvement ?
101 «Si tu soutiens que le nez c'est des pinces de chair, la chair est une
partie intégrale de ton corps et la perception du corps, c'est le toucher. Il
faudrait alors l'appeler «corps» au lieu de «nez» et ses objets seraient ceux du
toucher. Comme on n'appellerait même pas ça un nez, comment pourrait-on établir
un domaine pour lui ?
102 «Si tu soutiens que c'est l'acte de sentir qui est perçu, alors dans ton
opinion, qu'est-ce qui perçoit ? Si c'était la chair, fondamentalement, ce que
la chair perçoit, c'est les objets du toucher, qui n'ont rien à voir avec le nez.
102 «Si c'était la vacuité, alors la vacuité percevrait d'elle-même et la chair
n'aurait aucune conscience. Si c'était le cas, alors l'espace vide serait toi,
et comme ton corps serait sans perception, Ananda n'existerait pas.
103 «Si c'étaient les odeurs qui percevaient, la perception elle-même reposerait
sur les odeurs. Qu'auraient-elles à voir avec toi ?
103-104 «Si tu insistes que les odeurs autant des parfums que des puanteurs sont
produites par ton nez, alors ces deux flottements d'odeurs de parfum et de
puanteur ne sortiraient pas du bois d'airavana ou de chandana. Etant donné que
les odeurs ne proviendraient pas de ces deux choses, lorsque tu sentirais ton
propre nez, serait-il parfumé ou puant ? Ce qui pue n'est pas parfumé ; ce qui
est parfumé ne pue pas.
105 «Si tu pouvais sentir autant le parfum que la puanteur, alors toi, en tant
qu'une seule personne, tu devrais avoir deux nez, et je serais en train de poser
des questions à deux Ananda. Lequel serait toi ?
«Si tu n'as qu'un seul nez, alors parfum et puanteur n'auraient pas deux
identités séparées. Comme la puanteur serait parfum et le parfum serait puanteur,
manquant ainsi de deux natures distinctes, qu'est-ce qui constituerait le
domaine ?
106 «Si la conscience olfactive était produite à cause des odeurs, elle
existerait à cause des odeurs. De même que les yeux peuvent voir mais sont
incapables de se voir eux-mêmes, de même, si la conscience olfactive existait à
cause des odeurs, elle n'aurait pas conscience des odeurs.
107 «Si elle n'en avait aucune conscience, elle ne serait pas une conscience. Si
la conscience n'était pas consciente des odeurs, alors le domaine ne pourrait
pas être établi à partir des odeurs. Si la conscience n'était pas consciente des
odeurs, alors le domaine ne pourrait pas être établi à cause des odeurs.
«Puisqu'aucun domaine de la conscience n'existerait entre elles, alors comment
pourrait l'un quelconque des phénomènes internes ou externes exister ? Une
nature de l'odorat comme celle-là serait en fin de compte vide et fausse.
108 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au nez et aux odeurs qui
seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience olfactive,
aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du nez, des
odeurs et le domaine de la conscience olfactive, tous trois, ne peuvent être
attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.
110 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, la langue et les saveurs créent
les conditions qui produisent la conscience gustative.
«Cette conscience est-elle produite à cause de la langue en sorte que la langue
soit son domaine, ou est-elle produite à cause des saveurs, en sorte que les
saveurs soient leur domaine?
111 «Ananda, si elle était produite à cause de la langue, alors tout le sucre de
canne, les pruneaux noirs, les huang-lien, le sel, le xixing, le gingembre et la
cassia du monde seraient entièrement sans saveur. De plus, lorsque tu goûtes ta
propre langue, seraient-elle douce ou amère ?
112 «Si la saveur naturelle de ta langue était amère, alors qu'est-ce qui
goûterait ta langue ? Comme la langue ne peut se goûter elle-même, qui aurait le
sens du goût ? Si la saveur naturelle de la langue n'était pas amère, alors elle
ne pourrait pas engendre des goûts. En ce cas, comment un domaine pourrait-il
être établi ?
«Si la conscience gustative était produite à cause de la saveur, la conscience
elle-même serait une saveur. Le cas serait alors semblable à celui de la langue
organe qui serait incapable de se goûter elle-même. Comment la conscience
pourrait-elle savoir si elle a une saveur ou pas ?
113 «Qui plus est, les nombreuses saveurs ne proviennent pas toutes d'une seule
chose. Puisque les saveurs sont produites par de nombreuses choses, la
conscience devrait avoir de nombreuses substances.
114 «Si la conscience était une seule substance et que cette substance était
absolument produite par la saveur, alors, lorsque les saveurs salée, fade, douce,
et acide étaient combinées, leurs diverses différences se changeraient en une
seule saveurs et il n'y aurait pas de distinctions entre elles.
«S'il n'y avait pas de distinctions, elle ne pourrait pas être appelée
conscience. Ainsi, comment pourrait-elle être appelée en plus le domaine de la
langue, de la saveur, et de la conscience ?
115 «Ce n'est pas l'espace vide non plus qui pourrait produire ta conscience
consciente.
«La langue et les saveurs ne pourraient pas se combiner sans que chacune en
perde sa nature fondamentale. Comment donc, en ce cas, un domaine pourrait-il
être produit ?
115-16 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait à la langue et aux
saveurs qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience
gustative, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature de
la langue, des saveurs, et le domaine de la conscience gustative, tous trois, ne
peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité.
116 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le corps et les objets du toucher
créent les conditions qui produisent la conscience tactile.
117 «Cette conscience est-elle produite à cause du corps, en telle sorte que le
corps soit son domaine, ou est-elle produite à cause des objets du toucher, en
sorte que les objets du toucher seraient son domaine ?
«Ananda, si elle était produite à cause du corps, le corps seul ne peut générer
la conscience du contact ou de la séparation. De quoi le corps serait-il
conscient ?
118 «Si elle était produite à cause des objets du toucher, alors ton corps ne
serait pas nécessaire. Mais qui peut percevoir le contact avec autre chose que
le corps ?
«Ananda, les choses ne perçoivent pas les objets du toucher; c'est le corps qui
le fait.
119 «Ce que connaît le corps, ce sont les objets du toucher, et ce qui est
conscient des objets du toucher, c'est le corps. Les objets du toucher ne sont
pas le corps, et le corps n'est pas les objets du toucher.
120 «Ces deux entités du corps et des objets du toucher n'ont fondamentalement
pas d'emplacement. Si c'était la conscience tactile qui vient en contact avec le
corps, alors elle serait la propre substance et nature du corps. Si la
conscience tactile était séparée du corps, alors elle serait comme l'espace
vide.
«Comme les aspects interne et externe ne peuvent être établis, comment peut-on
établir quelque chose entre eux ? Comme on ne peut établir aucun intermédiaire
de la sorte, les aspects interne et externe sont par nature vides. D'où alors,
proviendrait ta conscience ?
121 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au corps et aux objets du
toucher qui seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience
tactile, aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du
corps, des objets du toucher, et le domaine de la conscience tactile, tous
trois, ne peuvent être attribués ni aux causes et conditions, ni à la
spontanéité.
122 «Qui plus est, Ananda, comme tu l'entends, le mental et les dharmas créent
les conditions qui produisent la conscience mentale.
«Cette conscience est-elle produite à cause du mental, en telle sorte que le
mental soit son domaine, ou est-elle produite à cause des dharmas, en telle
sorte que les dharmas seraient son domaine?
123 «Ananda, si elle était produite à cause du mental, dans ton mental il y
aurait certainement des pensées qui donnent de l'expression à ton mental. S'il
n'y avait pas de dharmas devant toi, le mental ne donnerait naissance à rien. A
part des conditions, il n'aurait pas de forme ; de la sorte, de quel usage lui
serait la conscience ?
124 «Qui plus est, est-ce que ta conscience mentale est la même que l'organe du
mental avec ses processus de pensée et ses discriminations, ou est-elle
différente ? Si elle était la même chose que le mental, alors elle serait le
mental, et dans ce cas, comment pourrait-elle produite quelque chose ? Si elle
était différente du mental, elle n'aurait aucune conscience. Si elle n'avait
aucune conscience, comment pourrait-elle être produite par le mental ? Si elle
avait la conscience, comment le mental pourrait-il être conscient de lui-même ?
Comme il est par nature ni pareil ni différent, comment pourrait-on établir un
domaine ?
125 «S'il était produit à cause des dharmas, aucun des dharmas mondains n'existe
à part des cinq objets impurs. Considère les dharmas de la forme, du son, de
l'odeur, du goût, et du toucher : chacun a une apparence clairement distincte et
est apparié à l'un des cinq organes. Ils ne sont pas ce que capte le mental.
«Si ta conscience était effectivement produite par sa dépendance sur les dharmas,
alors considère les maintenant : à quoi ressemble chacun de ces dharmas ?
126 «A part des attributs de forme et de vacuité, de mouvement et d'immobilité,
de pénétration et d'obstruction, d'unité et de séparation, et de surgissement et
de cessation, il n'existe rien du tout.
«Lorsqu'il y a surgissement, alors la forme, la vacuité et tous les dharmas
surgissent. Lorsqu'il y a cessation, alors la forme, la vacuité et tous les
dharmas cessent d'être. Comme les causes objectives n'existent pas, à quoi
ressemble donc la conscience que produisent ces causes ? S'il n'y a rien qu'on
puisse discerner dans la conscience, comment pourrait-on lui établir un domaine
?
127 «De là, tu dois comprendre qu'en ce qui a trait au mental et aux dharmas qui
seraient les conditions qui produisent le domaine de la conscience mentale,
aucune de ces trois places n'existe. Fondamentalement, la nature du mental, des
dharmas et le domaine de la conscience mentale, tous trois, ne peuvent être
attribués ni aux causes et conditions, ni à la spontanéité».
128 Ananda dit au Bouddha: «Honoré du Monde, en discutant des dharmas du mélange
et de l'unité et des causes et conditions, l'Ainsi-Venu a souvent dit que les
transformations de tous les phénomènes mondains peuvent être découvertes dans le
mélange et l'unification des quatre éléments
.
129 «Pourquoi l'Ainsi-Venu rejette-t-il les causes et conditions et aussi la
spontanéité ? Je ne comprends pas ce à quoi s'applique ce que vous entendez.
130 «Ayez, je vous en prie, assez de compassion pour nous instruire des dharmas
qui adhèrent au sens complet de la Voie médiane et ne sont pas des spéculations
philosophiques».
131 Alors, l'Honoré du Monde dit à Ananda: «Tu as déjà renoncé aux dharmas du
Petit Véhicule des Auditeurs et de Ceux qui sont Éveillés aux Conditions, et tu
as résolu de rechercher avec diligence la Bodhi insurpassée. A cause de cela, je
vais maintenant t'expliquer le Sens Complet de la Voie Médiane.
132 «Pourquoi t'attaches-tu toujours aux spéculations philosophiques mondaines
et aux fausses pensées sur les causes et conditions?
«Quoique tu sois très savant, tu es comme quelqu'un qui pourrait discuter de
médecine, mais ne saurait la reconnaître lorsqu'on la place devant toi.
L'Ainsi-Venu dit que tu es vraiment pitoyable.
133 «Ecoute attentivement maintenant, que je t'explique ce point de détail qui
te permettra à toi et à d'autres dans le futur de cultiver le Grand Véhicule
pour pénétrer dans la réalité ultime».
Ananda garda le silence et attendit le sage enseignement du Bouddha.
134 «Ananda, selon ce que tu dis, le mélange et l'unification des quatre
éléments peut être découvert dans les myriades de transformations de tous les
phénomènes mondains.
«Ananda, si les natures de ces éléments ne se mélangeaient ni ne s'unissaient,
alors elles ne pourraient se combiner avec d'autres éléments, de même que
l'espace vide ne peut se combiner avec les formes.
135 «Si les natures de ces éléments ne se mélangent ni ne s'unissent, elles sont
elles-mêmes des transformations en un processus sans fin de s'amener l'une
l'autre dans l'existence. La continuation du fait de venir et de cesser à être,
des naissances et de la mort, des morts et des naissances, est comme
l'ininterrompue roue de flammes qui apparaît lorsqu'on fait tourner une torche
en cercle.
«Ananda, ce processus est comme l'eau qui devient de la glace et de la glace qui
retourne en eau.
139 «Considère la nature de la terre : son aspect le plus grossier est la terre
elle-même ; son aspect le plus subtil est un grain de poussière, qui au plus
petit serait une particule de poussière à la limite de la vacuité.
140 «Si on divisait une de ces particules de poussière qui est à peine de la
forme au départ, en sept parties et qu'on séparait l'une de ces parties, on
arriverait à la vacuité elle-même.
«Ananda, si une particule de poussière à la limite de la vacuité peut être
divisée pour arriver à la vacuité, ce serait que la vacuité peut donner
naissance à la forme.
«Juste à l'instant, tu m'as demandé si le mélange et l'unification ne sont pas
ce qui amène toutes les transformations mondaines.
141 «Tu dois considérer avec soin à quel point la vacuité se mélange et s'unit
avec elle-même pour arriver à une seule particule de poussière à la limite de la
vacuité. Une telle particule ne serait pas composée d'autres particules de
poussière à la limite de la vacuité.
«Qui plus est, comme les particules de poussière à la limite de la vacuité
peuvent être réduites à la vacuité, de combien de particules de telle forme
serait alors composée la vacuité ?
142 «Quand ces particules de forme se massent ensemble, une masse de forme ne
fait pas la vacuité ; lorsque vacuité est amassée ensemble, une masse de vacuité
ne fait pas forme. A part ça, quoique la forme puisse être divisée, comment la
vacuité peut-elle être amassée ensemble ?
143 «Tu n'as toujours pas réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature
de la forme est vraie vacuité et la nature de la vacuité est vraie forme. Cette
pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres
l'absorbent selon leur capacité à le savoir.
«Quoi qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait,
les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes
et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations
et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots
vides et insensés.
144 «Ananda, la nature du feu est privée d'identité, étant donné qu'il est
dépendant de diverses causes et conditions pour son existence. Considère une
famille dans la ville, qui n'a pas encore mangé. Lorsqu'ils souhaitent préparer
de la nourriture, ils tiennent un miroir de laiton face au soleil, cherchant le
feu.
145 «Ananda, lorsqu'on parle de mélange et d'unité, toi et moi, et les douze
cents cinquante Bhikshus réunis formons une communauté. Cependant, une analyse
soigneuse de la communauté révélerait que chacun des membres qui la compose a
son propre corps, son propre nom de famille, de clan et nom personnel. Par
exemple, Çariputra est un Brahmane, Uruvilva est un membre du clan Kaçyapa, et
toi, Ananda, tu viens de la famille Gautama.
147 «Ananda, si le feu existait à cause du mélange et de l'unification, alors,
lorsque ta main tient le miroir face au soleil pour obtenir du feu, ce dernier
sort-il du miroir ? Vient-il de l'amadou moxa ? Ou vient-il du soleil ?
148 «Ananda, si le feu venait du soleil, alors non seulement il brûlerait
l'amadou moxa dans ta main, mais en passant à travers les bosquets d'arbres, il
les brûlerait aussi.
«Suppose qu'il venait du miroir, comme il sortirait du miroir pour allumer
l'amadou moxa, pourquoi le miroir ne fondrait-il pas ? Et pourtant, si ta main
qui tient le miroir ne ressent pas de chaleur, comment le miroir fondrait-il?
148-149 «Si le feu provenait de l'amadou moxa, alors pourquoi est-ce qu'on ne
générerait le feu que lorsque le brillant miroir était mis en contact avec
l'aveuglante lumière ?
149 «Qui plus est, à y regarder de plus près, tu constateras que le miroir tient
dans ta main, que le soleil est haut sur l'horizon, et que le moxa pousse par
terre. En ce cas, d'où vient le feu ?
«Le soleil et le miroir ne peuvent se mélanger et s'unir, vu qu'ils sont très
éloignés l'un de l'autre. Et ce n'est pas non plus que le feu surgisse
spontanément sans avoir d'origine.
150 «Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature du
feu est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est du vrai feu. Cette
pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres
l'absorbent selon leur capacité à le savoir.
151 «Ananda, tu dois bien savoir que le feu peut être généré n'importe où avec
un miroir tenu face à la lumière du soleil. Si des miroirs étaient tenus face à
la lumière du soleil, partout dans le Domaine du Dharma, le feu serait généré
partout. Comme le feu peut surgir partout dans le monde entier, peut-il y avoir
un quelconque emplacement spécifique auquel il serait confiné ?
«Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce fait,
les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux causes
et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des discriminations
et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le jeu de mots
vides et insensés.
151-52 «Ananda, la nature de l'eau est mutable, son écoulement et sa cessation
sont erratiques. Kapila, Chakra, Padma, Hasta, et d'autres grands magiciens de
Çravasti tiennent souvent des instruments vers la lumière de la pleine lune à
minuit pour en extraire l'essence de l'eau pour mélanger avec leurs drogues.
153 «Est-ce que l'eau sort de la boule de cristal qui est utilisée, ou existe-t-elle
naturellement dans l'espace , Ou vient-elle de la lune ?
«Ananda, si l'eau provenait de la lune distante, alors l'eau devrait aussi
couler de toutes les herbes et de tous les arbres lorsque le clair de lune passe
sur eux en route vers la boule de cristal. Si elle coulait d'eux, pourquoi
attendre qu'elle se condense sur la boule de cristal ? Puisqu'elle ne coule pas
des arbres, alors il est clair qu'elle ne peut pas descendre de la lune.
154 «Si elle provenait de la boule de cristal, alors elle devrait en couler en
tous temps. Pourquoi attendre minuit et le clair de la pleine lune pour la
recevoir ?
«Si l'eau venait de l'espace, qui est par nature sans limite, elle coulerait
partout jusqu'à ce que tout ce qu'il y a entre le ciel et la terre soit submergé.
Comment donc pourrait encore voyager par eau, par terre et par air ?
155 «Se plus, après examen plus serré, tu t'apercevras que la lune se déplace
dans le ciel, la boule de cristal est tenue dans la main, et le récipient pour
recevoir l'eau est mis là par quelqu'un. Alors, d'où vient l'eau qui coule dans
le récipient ?
156 «La lune et la boule de cristal ne peuvent se mélanger et s'unir, vu la
distance qui les sépare. Et l'essence de l'eau ne peut pas surgir spontanément
sans origine.
«Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature de
l'eau est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est vraie eau. Cette
pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres
l'absorbent selon leur capacité à le savoir.
157 «Une boule de cristal peut être tenue à un certain endroit, et l'eau en
sortira. Si des boules de cristal étaient tenues partout dans le Domaine du
Dharma, alors partout dans le Domaine du Dharma, l'eau viendrait. Comme l'eau
peut venir partout dans le monde entier, peut-il y avoir un quelconque endroit
auquel elle serait confinée ?
158 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce
fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux
causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des
discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le
jeu de mots vides et insensés.
«Ananda, la nature du vent n'a pas de substance, et ses schémas de mouvement et
d'immobilité sont erratiques. Tu ajustes toujours ta robe lorsque tu entres dans
la grande assemblée. Lorsque le coin de ta robe samghati effleure la personne
qui t'avoisine, l'air est agité contre le visage de cette personne.
159 «Ce vient provient-il du coin du Kashaya, surgit-il de la vacuité, ou
est-elle produite par le visage de la personne effleurée par l'air ?
159-60 «Ananda, si ce vent provenait du coin du Kashaya, alors tu serais
enveloppé de vent, et ton kashaya s'envolerait et quitterait ton corps. Mais ma
robe reste immobile et pend tout droit pendant que je parle du Dharma au milieu
de l'assemblée. Si j'observe ma robe de près, où est le vent dedans ? Le vent ne
peut être emmagasiné nulle part dans la robe.
160 «Si les vents provenaient de la vacuité, pourquoi n'y aurait-il pas de
mouvement d'effleurement même lorsque ta robe ne bouge pas ? Comme la nature de
la vacuité est constante, la nature du vent devrait l'être aussi. Et aussi
lorsque le vent s'arrête, la vacuité devrait aussi cesser d'être. L'absence de
vent peut être détectée, mais que signifierait la disparition de la vacuité? Si
la vacuité allait et venait, elle ne serait pas la vacuité. Et comme elles est
vide, comment peut-elle générer du vent ?
161 «Si le vent venait du visage de la personne qu'il effleurait, il soufflerait
sur toi, également. Alors, pendant que tu arrangeais ta robe, comment pourrait-il
souffler à revers sur d'autres personnes ?
162 «En y regardant mieux, tu trouveras que la robe est arrangée par toi-même,
que le visage caressé par le vent appartient à la personne qui te flanque, et
que la vacuité est tranquille et n'est pas impliquée dans le mouvement. Alors,
d'où vient le vent qui souffle à cet endroit ?
«Le vent et la vacuité ne peuvent se mélanger ni s'unir, vu qu'ils sont
différents l'un de l'autre. Et le vent ne pourrait pas non plus exister
spontanément sans une origine.
164 «Tu n'as pas encore réalisé que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la nature du
vent est véritable vacuité, et que la nature de la vacuité est vrai vent. Cette
pureté fondamentale compénètre tout le Domaine du Dharma. Les esprits des êtres
l'absorbent selon leur capacité à le savoir.
«Ananda, de la même manière que toi seul déplaces ta robe légèrement et que cela
remue l'air, de la sorte aussi, si un mouvement similaire était produit partout
dans le Domaine du Dharma, l'air serait partout agité. Comme le vent peut surgir
partout dans le monde, comment pourrait-il y avoir un quelconque endroit auquel
elle serait confinée ?
165 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce
fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux
causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des
discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le
jeu de mots vides et insensés.
«Ananda, la nature de la vacuité n'a pas de forme ; elle n'est apparente qu'à
cause de la forme. Par exemple, Çravasti est éloignée du fleuve, de sorte que
lorsque les Kshatriyas, Brahmanes, Vaiçyas, Çudras, Bharadvajas, Chandalas, et
ainsi de suite construisent leurs maisons, ils creusent des puits pour trouver
de l'eau. Pour chaque pied carré de terre qu'on enlève, un pied carré de vacuité
est mis en évidence. Quand on enlève dix pieds carrés de terre, dix pieds carrés
de vacuité sont mis en évidence. La profondeur de la vacuité correspond à la
quantité de terre qu'on élève.
167 «Cette vacuité sort-elle de la terre ? Ou existe-t-elle à cause de
l'excavation ? Ou surgit-elle d'elle-même, sans cause ?
«Ananda, si cette vacuité surgissait d'elle-même sans aucune cause, pourquoi
n'était-ce pas évident avant même que la terre soit creusée ? Tout ce qu'on
pouvait voir était une grande étendue de terre solide et impénétrable.
«Si la vacuité venait de l'excavation de terre, alors comme on enlevait la terre,
on aurait dû voir arriver la vacuité. Si aucune vacuité n'était entrée lorsqu'on
a d'abord enlevé la terre, alors comment est-ce que la vacuité aurait pu
apparaître à cause de l'enlèvement de la terre ?
168 «Si aucun enlèvement ni apparition n'a eu lieu, alors il n'y aurait aucune
différence entre la terre et la vacuité. N'étant en rien différents, ils
seraient la même chose. En ce cas, la vacuité ne serait-elle pas enlevée du
puits en même temps que la terre, au cours de l'excavation ?
169 «Si vacuité apparaissait à cause de l'excavation, alors celle-ci amènerait
de la vacuité plutôt que de la terre. Si la vacuité n'émergeait pas à cause de
l'excavation, alors celle-ci n'enlèverait que de la terre. Pourquoi donc
voyons-nous apparaître la vacuité pendant qu'on creuse le puits ?
«Considère ceci avec plus d'attention encore. Observe le profondément, et tu
trouveras que l'excavation provient des mains de la personne qui est engagée
dans cet acte, et que la terre existe à cause de son élévation du sol. Alors
qu'est-ce qui cause l'apparition de la vacuité ?
170 «L'excavation et la vacuité, l'une étant substantielle et l'autre
insubstancielle, ne sont pas compatibles. Elles ne se mélangent ni ne s'unissent.
Ni ne pourrait exister la vacuité spontanément sans une origine.
«Quoique la nature de la vacuité soit complètement compénétrante, et
fondamentalement immuable, tu dois savoir que la vacuité, la terre, l'eau, le
feu, et le vent sont appelés les cinq éléments. Leurs natures sont véritables,
parfaitement fondues, identiques avec le Trésor de l'Ainsi-Venu, et aucun en
vient à être ni ne cesse d'être.
171 «Ananda, ton esprit est embourbé et confus, et tu ne t'éveilles pas au fait
que la source des quatre éléments n'est autre que le Trésor de l'Ainsi-Venu .
Est-ce que la vacuité que tu vois est sujette à être enlevée, ou à entrer, ou
est-ce qu'elle n'est pas sujette à être enlevée, ou à entrer ?
«Tu ne t'es pas encore rendu compte que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la
nature de l'Eveil est véritable vacuité, et la nature de la vacuité est
véritable Éveil. Cette pureté fondamentale compénètre le Domaine du Dharma.
172 «Les mentaux des êtres l'absorbent selon leur capacité de connaissance.
«Ananda, partout où il y a un puits vide, la vacuité remplit ce puits. La même
chose est vraie de la vacuité dans les dix directions. Comme la vacuité emplit
les dix directions, comment pourrait-il y avoir un quelconque endroit spécifique
où on puisse la trouver ?
173 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce
fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux
causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des
discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le
jeu de mots vides et insensés.
173-74 «Ananda, la conscience de la vision ne se perçoit pas elle-même. Elle
dépend de la forme et de la vacuité pour son existence. Vous êtes maintenant
dans le Bosquet de Jeta où vous voyez la clarté du matin et l'obscurité du soir.
Au plus profond de la nuit, , vous voyez la clarté lorsque se lève la lune et
que la vue discerne l'obscurité.
174 «Cette vue est-elle identique en substance avec la clarté, l'obscurité ou la
vacuité, ou bien ne sont-ils pas de la même substance ? Sont elles semblables et
pourtant différentes, ou ne sont-elles ni pareilles ni différentes?
175 «Ananda, suppose que la vue partageait une seule substance avec la clarté,
l'obscurité ou la vacuité. L'obscurité et la clarté s'annulent mutuellement.
Lorsqu'il fait sombre, il n'y a pas de lumière ; lorsqu'il fait clair, il n'y a
pas d'obscurité. Si la vue ne faisait qu'un avec l'obscurité, elle cesserait
d'exister dans la clarté ; si elle ne faisait qu'un avec la clarté, cesserait-elle
d'exister dans l'obscurité ? Comme elle cesserait d'exister, comment pourrait-elle
percevoir la clarté autant que l'obscurité ?
Si la clarté et l'obscurité diffèrent l'une de l'autre, et si la vue n'a ni
existence ni cessation de l'existence, comment peut-elle être de la même
substance avec la clarté et l'obscurité ?
176 «Si les essences de la vue n'étaient pas une seule substance avec la clarté
et l'obscurité, et que tu étais séparé de la lumière, de l'obscurité et de la
vacuité, alors de quel forme et apparence serait la source de la vue ?
«En l'absence de l'obscurité, de la clarté et de la vacuité, la vue serait
semblable à la fourrure d'une tortue ou aux cornes d'un lièvre. Comment pourrait-il
y avoir la vue sans la présence de trois attributs d'obscurité, de clarté et de
vacuité ?
177 «Comment la vue pourrait-elle ne faire qu'un avec l'obscurité et la clarté,
vu qu'elles sont l'opposé l'une de l'autre ? Et pourtant, comment pourrait-elle
être différente de ces trois attributs, vu qu'en leur absence, il n'y aurait pas
de vue ?
«Comment la vue pourrait-elle n'être pas un avec la vacuité, vu qu'aucune limite
n'existe entre elles ? Mais comment pourrait la vue ne pas être différente de la
vacuité, vu que la vue reste inchangée, sans égard à si elle perçoit la clarté
ou l'obscurité ?
178 «Examine ceci en détail encore plus fin, fais en une investigation
minutieuse, considère-la et contemple-la avec soin. La lumière vient du soleil
et l'obscurité de la nouvelle lune ; la pénétration appartient à la vacuité, et
la solidité retourne à la terre, et alors, d'où provient l'essence de la vue ?
«La vue possède une conscience puisque la vacuité est inanimée : elles ne se
mélangent ni ne s'unissent. L'essence de la vue ne pourrait pas non plus surgir
spontanément sans une origine.
179 «Si les natures de la vue, de l'ouïe, et de la connaissance sont
compénétrantes et immuables, tu dois savoir que la vacuité stable et sans
limites, ensemble avec les éléments instables que sont la terre, l'eau, le feu
et le vent, sont connus comme les six éléments. Leurs natures sont vraies,
parfaitement fusionnées, identiques avec le Trésor de l'Ainsi-Venu, et
fondamentalement privées de venue à être comme de cessation d'être.
179-80 «Ananda, ta nature est si submergée que tu ne t'es pas rendu compte que
ta vue, ton ouïe, ta conscience et ta connaissance sont fondamentalement le
Trésor de l'Ainsi-Venu. Observe la vue, l'ouïe, la conscience, et la
connaissance pour voir si elles sont sujettes à venir à l'existence et à cesser
d'être ; si elles sont identiques ou différentes ; si elles ne sont pas sujettes
à venir à l'existence et à cesser d'être ; et si elles ne sont ni identiques ni
différentes.
180-81 «Tu ne t'es pas encore rendu compte que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu,
la nature de la vue est clarté éveillée, et que l'essence de l'Eveil est la
claire vision. Cette pureté fondamentale compénètre le Domaine du Dharma.
181 «Les mentaux des êtres l'absorbent selon leur capacité de connaissance. De
même que la capacité des yeux à voir compénètre le Domaine du Dharma, de même
aussi le font les capacités à entendre, à sentir, à goûter, à toucher et à
savoir. Toutes ces capacités sont des qualités glorieuses et magnifiques. Comme
elles compénètrent le Domaine du Dharma, et remplissent toute vacuité dans les
dix directions, comment pourrait-il y avoir un quelconque endroit spécifique où
on puisse la trouver ?
182 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce
fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux
causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des
discriminations et des processus de raisonnement de l'esprit conscient, ne sont
rien que le jeu de mots vides et insensés.
182 «Ananda, la nature de la conscience n'a pas de source, mais il s'agit d'une
fausse manifestation basée sur les six organes et leurs objets correspondants.
Jette un regard, maintenant, sur l'entière assemblée réunie ici. Les
observations faites par tes yeux sont similaires à des réflexions dans un miroir,
les deux étant privées de capacité à opérer des distinctions.
185 «Cependant, ta conscience va systématiquement identifier ce qui est vu : ça
c'est Manjuçri, ça c'est Purna, là c'est Maudgalyayana, là c'est Subhuti, et
celui-là c'est Çariputra.
186 «Est-ce que la conscience qui est consciente et sait vient de la vue, des
formes, de la vacuité, ou surgit-elle soudain sans une cause ?
«Ananda, si ta conscience provenait de la vue, alors, en l'absence des quatre
attributs de la clarté, de l'obscurité, de la forme, et de la vacuité, tu ne
pourrais pas voir. Comme ces attributs n'existeraient pas, d'où viendrait alors
ta conscience ?
187 «Si ta conscience surgissait de la forme plutôt que du fait de voir la forme,
elle ne verrait ni la clarté ni l'obscurité. En l'absence de la clarté et de
l'obscurité, elle ne verrait ni forme ni vacuité, non plus. Puisque ces
attributs n'existeraient pas, d'où proviendrait ta conscience ?
«Si elle provenait de la vacuité, elle ne serait ni une apparence, ni la vue.
Sans la vue, elle ne fonctionnerait pas, étant incapable de discerner la clarté,
l'obscurité, les formes, ou la vacuité par elle-même. Sans les apparences, il
n'y aurait ni conditions externes, et donc aucun emplacement où la vue l'ouïe,
la conscience et la connaissance pourraient être établies.
188 «N'étant située à aucun de ces deux endroits, la conscience serait vide,
comme si elle n'existait pas. Si elle existait pourtant, elle ne serait pas un
phénomène. Même si tu pouvais exercer une conscience, comment discernerait-elle
quoi que ce soit ?
189 «Si elle surgissait soudainement sans cause, pourquoi ne peux-tu discerner
la lumière de la lune dans celle du soleil ?
«Et recherche encore plus soigneusement, distingue -le encore plus en détail et
regardes-y dedans. La vue appartient à tes yeux, les apparences sont considérées
être l'environnement, ce qui a une apparence existe. Ce qui n'a pas d'apparence
n'existe pas. Que sont alors les conditions qui causent que la conscience vienne
à être ?
190 «La conscience se déplace et la vue est immobile ; elle ne se mélangent et
ne s'unissent pas. L'odorat, l'ouïe, la conscience, et la connaissance font de
même. Pas plus ne pourrait la condition de la conscience exister spontanément
sans une origine.
«Si les consciences appartenant au mental ne provenaient de nulle part, la même
chose serait vraie des natures de la vue, de l'ouïe, de la conscience, et de la
connaissance, qui sont toutes complètes et tranquilles et ne viennent de nulle
part. Ensemble avec la vacuité, la terre, l'eau, le feu, et le vent, elles sont
appelées les sept éléments. Leurs natures sont véritables, parfaitement
fusionnées, identiques avec le Trésor de l'Ainsi-Venu, et fondamentalement
privées de venue à être comme de cessation d'être.
191 «Ananda, ton mental est grossier et sans profondeur, et ainsi tu ne perçois
pas que la vue, l'ouïe, et la conscience qui en résultent sont le Trésor de
l'Ainsi-Venu. Observe ces six emplacements de la conscience pour voir si ils
sont identiques ou différents ; vides ou existants ; ni identiques ni différents
; ou ni vides ni existants.
192 «Tu ne t'es pas encore rendu compte que dans le Trésor de l'Ainsi-Venu, la
nature de la conscience est claire connaissance, et la clarté éveillée est la
véritable conscience. L'Eveil merveilleux est tranquille et compénètre le
Domaine du Dharma.
«Il comprend la vacuité des dix directions et en provient. Comment pourrait-il
avoir un emplacement ?
193 «Tout ce qui se manifeste le fait en accord avec le karma. Ignorants de ce
fait, les peuples du monde s'illusionnent assez pour assigner son origine aux
causes et conditions de la spontanéité. Ces erreurs qui proviennent des
discriminations et des processus de raisonnement du mental, ne sont rien que le
jeu de mots vides et insensés».
194 A ce moment, Ananda et la grande assemblée, emplis de l'enseignement subtil
et merveilleux du Bouddha, l'Ainsi-Venu, ressentirent une paix physique et
mentale sans obstacle. Tous les membres de la grande assemblée se rendirent
compte d'à quel point leur esprit compénètre les dix directions, regardant la
vacuité dans les dix directions ainsi qu'on pourrait regarder une feuille ou
autre objet tenu dans la paume de la main.
196 Tous les phénomènes mondains devinrent l'esprit primal merveilleusement
clair de la Bodhi.
197 L'essence du mental leur devint complètement compénétrante, contenant les
dix directions.
Chacun considéra son corps physique comme étant semblable à une particule de
poussière charriée dans les dix directions ; parfois visible, parfois pas, ou
comme étant comme une simple bulle flottant sur le vaste et clair océan,
surgissant de nulle part et sombrant dans l'oubli. Chacun comprit et sut
personnellement le merveilleux esprit fondamental possédé par tous comme étant
éternel et ne cessant jamais d'être.
199 Ils se prosternèrent devant le Bouddha et joignirent leurs paumes, ayant
passé par cette expérience sans précédent. Alors, devant l'Ainsi-Venu, Ananda
prononça ces vers en louange du Bouddha.
«La Dharani merveilleusement profonde,
L'immuable Honoré du Monde,
Le suprême Roi du Çurangama
Se rencontre rarement en ce monde.
201 Elle dissout mes pensées inversées
Rassemblées à travers des milliards d'éons,
Que je n'aie pas à endurer des asamkhyeya d'éons
Pour obtenir le corps du Dharma.
202 «Je souhaite maintenant achever le résultat
Et devenir un roi honoré,
Qui revient alors sauver les êtres
Aussi nombreux que les sables du Gange.
J'offre à tous cette pensée profonde,
Dont le nombre est comme des poussières en Terres des Bouddhas.
Pour repayer la bonté que m'a montré le Bouddha.
204 «Je demande humblement à l'Honoré du Monde de
Certifier mon voeu de revenir aux cinq troubles domaines mauvais,
Et qu'aussi longtemps qu'un seul être ne sera pas devenu un Bouddha.,
A la mort, je n'entrerai pas au Nirvana.
207 «Héros exalté à l'impressionnante force,
A la grande bonté et compassion,
Recherche et disperse même les doutes les plus subtils.
208 «Faisant en sorte que j'atteigne rapidement l'Eveil suprême,
Et m'assoie aux endroits de la Voie dans les domaines des dix directions.
208 «Si même la nature de la vacuité devait entièrement fondre,
Cet esprit vajra ne fléchira jamais."
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